4. La fraîcheur du bain déjà gaspillée.
Ton eau est épaisse..
Le soleil nous écrase.
Des rangées de roseaux.
Sortir de l'enfer et de cette chaleur est une pensée qui nous occupe beaucoup trop
Mais tu es là
Malgré l'interdiction de se baigner, des gens t’utilisent, se servent de toi, ils ne sont pas là pour te rendre hommage bien qu'il soit certainement très heureux de t'avoir non ils font du sport nautique il pagaie tous assis debout sur des planches ou des barres en plastique leur voix sont des petits tacles à notre envie.
Entre en vie et revendications. nous pourrions être à leur place, après tout. bon sang ne respectent-ils rien? Leur voix donne à l'été sa majesté . une ambiance d'eau de soleil de jeux font été comme n'importe quel cliché. leurs voix nous rassurent : tu es là. Sur le chemin de terre, nous crevons de chaud. la tête baissée sous les chapeaux, tout de même nous sommes prévoyants, le tour de jambes de plus en plus rapide, la poussée de pied de plus en plus forte. Nous essayons d'aller très vite plus vite plus vite encore pour arriver jusqu’aux maisons.
La peau est couverte d'une pellicule de sel. le minimum de vêtements . La fraîcheur du bain déjà gaspillée, on enfourche nos vélos. ça sent la terre chaude. Le long de ce chemin, le soleil a un parfum unique. le sien. celui de la mort annoncée si on ne bouge pas si on ne le fuit pas.
les vignes vont apparaître. Nous aurons des terrains mystérieux habités par les voies et les cris de campeurs. De l'autre côté, on devine la musique outrageante d'une animation pour les vacanciers.
encore mieux une station d'épuration discrète peut parfois nous rassurer dans ce village lui aussi discret autant de monde sur quelques semaines doit produire une belle accumulation d'humeur. beaucoup de merde
Et puis les vignes apparaissent.
Un rapace en papier tournoie au gré du vent pour protèger les fruits.
Nous sommes à mi-chemin de la maison.
Peut-être. Toi, le fleuve c'est le vis-à-vis que tu ne vois pas.